De Saint-Jean-de-Luz à la Rhune : Bienvenue à l’Azpitik Goiti

De Saint-Jean-de-Luz à la Rhune : Bienvenue à l’Azpitik Goiti

Ça faisait plusieurs années que j’en entendais parler : l’Azpitik Goiti, cet événement intimiste puisque limité à une centaine de participants. D’ailleurs, ces participants ont tous, soit participé à une des 5 éditions précédentes, soit été invités par un ancien participant. Tous le monde a donc un lien plus ou moins indirect avec le GO (grand organisateur) : Peyo Lizarazu, frère de Bixente. Surtout, il s’est fait connaître pour être pionnier dans le domptage de la bête : La vague de Belharra. Finalement, c’est là que l’on se rend compte que le monde est petit.

Pour ma part ce sera Julien Espinassou vainqueur de l’édition précédente et détenteur du record qui m’invitera une semaine avant l’événement. Même s’il ne faut pas traîner, ça me laisse le temps de réunir le matériel nécessaire pour y participer dans de bonnes conditions.

L’Azpitik Goiti signifiant « de bas en haut » relie la baie de Saint-Jean-de-Luz depuis la plage des flots bleus, au sommet de la Rhune à 905 mètres d’altitude. Les outils pour parcourir les 18 kms annoncés ? Standup, Vélo et Baskets.

La préparation

Tout commence de bonne heure, surtout pour une première, où l’on n’a pas encore découvert les astuces des vieux brigands, qui dorment encore à l’heure où je charge ma voiture. Ça commence même la veille au soir : Je prépare avec une concentration extrême mon matériel, car je sais très bien que le matin il va falloir que tout soit automatique. Il ne faudrait pas que je me retrouve au départ de l’épreuve de stand-up avec mes baskets.

Je dépose d’abord mon vélo au port d’Ascain, ainsi que mes chaussures et mon Camelbak. Ici se mélangent des vélos de route de grand-pères à des vélos de triathlon, roues en carbone. Ça traduit bien l’esprit de l’événement : devant, des athlètes qui envoient du bois, derrière des sportifs du dimanche (il faut quand même être en canne pour finir l’épreuve) qui veulent surtout profiter du paysage et rigoler avec les copains. C’est bien, avec mon VTT qui a déjà 15 ans, je suis dans la moyenne. C’est en relation avec mes ambitions : m’amuser, profiter et pourquoi pas finir dans le peloton de tête.

Direction ensuite la plage des flots bleus à Saint-Jean, où Peyo attend ses invités comme tout bon hôte. Il ne manquerait plus que les croissants pour se sentir à un entraînement avec les copains. D’ailleurs, certains ont décidé de déplier la table de camping pour se faire un petit café au levé du soleil, y en a qui savent vivre ! Je dépose le stand-up, un F-ONE de Race en 12’6 qui devrait me permettre de filer droit et d’atteindre mon objectif. En tout cas la qualité du matériel ne sera pas une bonne excuse en cas de mauvaise performance.

Petit à petit, les gens arrivent. A l’instar des vélos, on voit autant arriver de stand-up gonflables de balade, que de Race 14′ en carbone. Un poids, deux mesures. Le départ est prévu a 9 heures. A 8h57 Peyo fait ce qu’on peut appeler un brief : « Egun on, amusez-vous bien ! »

Le départ

Et c’est parti pour le top départ. Comme tout départ de SUP, on burine au départ pour se retrouver dans un bon groupe. Un bon réveil musculaire ! A l’entrée du port de Ciboure (1 km après le départ), je suis à peu près dans les 20, je suis plutôt content et ça me motive à me surpasser et à gagner des places. Le classement ne change pas trop sur l’épreuve de SUP, je gagne une ou deux places. 9 kms plus tard, nous arrivons au port d’Ascain pour prendre le vélo. Julien m’avait préconisé de ne pas trop forcer en vélo, qu’il valait mieux le prendre comme une épreuve de transition pour arriver entier pour le trail. Honnêtement, je pensais suivre ses conseils, mais mon passé de VTTiste a vite pris le dessus. Je gagne donc quatre places mais je sens que je vais le payer.

Effectivement le démarrage du trail est hard. Quiconque a monté la Rhune sait que c’est dur pour tout votre organisme, surtout après 1h30 d’effort : 4,5 km de trail pour 905 m de dénivelé fait une pente en moyenne à 20 %. Mais bien-sur, plus on monte, plus ça monte. Je commence donc à courir et mes jambes brûlent après 30 secondes d’effort. Ça promet. Etant en mode course, je serre les dents mais c’est dur. Puis je m’aperçois que les autres participants marchent, ouf ! Je commence donc à prendre une allure rapide en marchant et ça passe beaucoup mieux. Je cours sur les parties plus planes, puis je marche et enfin j’escalade (presque) à la fin. J’utilise aussi mes bras soit pour m’agripper soit pour appuyer sur mes genoux en solidarité avec mes jambes (elles se sont résignées à la douleur).

L’azpitik goiti, c’est fait !

Y a des moments comme ça où on est fier de ce qu’on vient d’accomplir et on n’a pas honte de le dire. Et c’est particulièrement le cas à l’Azpitik Goiti. Car en arrivant au sommet de la Rhune, on voit nettement où on était quelques heures avant. On distingue très clairement le parcours : La baie de Saint Jean, la Nivelle, la route jusqu’à la Trabenia et le sentier de la Rhune, c’est un gros kiff.

Je finis mon premier Azpitik Goiti à la treizième place en 2h20. Le premier est loin devant avec une demi-heure d’avance (1h47). Julien a battu son propre record et n’est pas loin derrière. Ensuite c’est place à l’apéro. Un apéro qui s’éternise puisqu’on attend tout le monde pour le repas : tout est sous le signe de la convivialité. Les premiers se doivent donc d’être aussi endurants au bar…

C’est une première participation réussie. Et comme tous les participants, j’ai déjà comme objectif d’améliorer mon temps à ma prochaine participation. Mais ce sera dans deux ans car l’année prochaine je serai bénévole pour l’organisation, c’est aussi ça l’esprit Azpitik. Il faut tourner pour que cet événement perdure. Ça me laisse le temps de m’entraîner.

Merci encore à Peyo et Julien pour l’invitation, merci aux bénévoles, maintenant il faut faire le chemin en sens inverse : train, récupération du stand-up, du vélo, puis dodo, une journée bien remplie !